Stevie Wonder by Frederic Adrian
Author:Frederic Adrian
Language: eng
Format: epub
Published: 2018-01-22T07:20:16+00:00
son côté, le saxophoniste de jazz Ernie Watts publie un album totalement dédié
au répertoire de Stevie, The Wonder Bag, enregistré avec un groupe de pointures du genre.
Commercialement, cependant, le public ne suit qu’à moitié. Music Of My Mind se contente d’une modeste sixième place soul et du vingt et unième rang côté pop. Il faut dire que l’équipe dirigeante de Motown ne croit pas beaucoup
au disque. Le président Ewart Abner regrette en particulier l’absence de morceau
au vrai potentiel commercial. De là à penser que Motown ne s’est pas
spécialement battu pour promouvoir l’album, histoire de montrer à Stevie qu’il
ne peut réussir sans l’appui du label, le pas est aisé à franchir…
Le 25 avril, Motown se décide à sortir en 45 tours deux titres issus de
l’album : « Superwoman (Where Were You When I Needed You) », un morceau complexe en deux parties très distinctes qui évoque les difficultés du mariage de
Stevie, en face A ; et le plus classique « I Love Every Little Thing About You »
de l’autre côté. Là aussi, les résultats commerciaux laissent à désirer, avec une
treizième place soul et le trente-troisième rang du Hot 100, ainsi qu’une cinquante-troisième place au Canada. Stevie ne s’économise pourtant pas côté promotion. Outre de nombreux entretiens dans la presse, il participe à différentes
émissions de télévision : le talk-show de David Frost, l’émission de variétés pour
adolescents « American Bandstand », où il interprète « If You Really Love Me »
et « Superwoman (Where Were You When I Needed You) », et croise Gladys
Knight & the Pips, et même l’obscur « Soul Time USA ».
Parallèlement à ses activités scéniques, Stevie continue à passer une bonne
partie de son temps libre en studio, à l’Electric Lady et aux Crystal Industries de Los Angeles en fonction du lieu où il se trouve. Une large part de ce travail est
consacrée à la préparation d’un album solo pour Syreeta. Malgré les tensions dans leur mariage, Stevie et son épouse ont écrit, ensemble et séparément, une
série de chansons pour le projet, dont les séances se poursuivent jusqu’en mai.
C’est pour ce disque que Stevie a gravé de nombreuses parties de cordes pendant
son séjour londonien, le style des musiciens locaux correspondant mieux à ses
attentes que les orchestres américains.
Outre Malcolm et Bob, Stevie fait appel pour ces séances à plusieurs des musiciens et choristes de son groupe, même s’il se charge lui-même de la totalité
des parties de clavier ainsi que de la production globale. Bien que Syreeta chante
chaque titre et que la pochette porte son nom, c’est bel et bien Stevie qui pilote
le projet. Comme la chanteuse l’expli-quera quelques mois plus tard à Blues & Soul : « Je lui fais confiance comme je ne fais confiance à personne. Il prépare le tout de façon à ce que tout ce que j’ai à faire est de venir en studio et de chanter.
Si je voulais, je pourrais m’en aller en sachant que le résultat serait ce que je souhaitais. » Aux compositions originales de Stevie et Syreeta ensemble et séparément s’ajoutent deux reprises des Beatles et de Smokey Robinson, et une
version de « I Love Every Little Thing About You ». L’album, sans titre, est publié par Motown sur sa filiale MoWest au mois de juin, avec un résultat commercial médiocre (trente-huitième place côté soul, 185e côté pop). Deux 45 tours en sont extraits, sans succès. Stevie coécrit également avec Syreeta deux
chansons pour le dernier album enregistré par Smokey Robinson avec les
Miracles, Flying High Together.
Au printemps, alors que la sortie de l’album solo de Syreeta se préparait, Stevie et elle se séparent à l’amiable. Quelques mois plus tard, c’est avec une
certaine distance que Stevie présente sa version des faits au journaliste de potins, Earl Wilson : « J’étais amoureux de trop de filles. J’ai plus de succès avec les
filles que bien des gentlemen voyants, croyez-moi ! » Le divorce est prononcé en
juin 1973, en toute discrétion, après que Stevie est venu témoigner devant le tribunal qu’il existe des « différends irréconciliables » entre lui et sa femme.
Stevie continue aussi à travailler sur sa propre musique, avec Bob
Margouleff et Malcolm Cecil à l’origine. Il sollicite aussi différents musiciens extérieurs, et notamment des membres de son orchestre. Dans la foulée du concert de Détroit dont ils ont partagé l’affiche, Stevie invite Jeff Beck à venir le rejoindre en studio. Celui-ci, qui a enregistré un titre obscur de Stevie (« I Gotta Have A Song », extrait de Signed, Sealed & Delivered) sur son dernier album ne se fait pas prier. D’autant que l’accord prévoit, en échange de sa participation au disque de Stevie, la possibilité que celui-ci compose un morceau spécifiquement
à son intention. Lors de sa première visite, Beck enregistre des parties de guitare pour au moins deux compositions sur lesquelles travaille Stevie, « Looking For
Another Pure Love » et « Tuesday Heartbreak », dont la dernière est jusqu’ici
restée inédite.
Impressionné par l’élégance et l’inspiration du jeu de Beck, Stevie lui
propose de revenir en studio quelque temps plus tard avec son groupe dans l’optique de composer ensemble un titre à son intention. Les musiciens, pourtant
expérimentés, sont impressionnés par la façon d’enregistrer de Wonder, qui travaille sur plusieurs titres à la fois, passe des claviers à la batterie tout en dictant ses instructions à son ingénieur du son, et parvient en quelques heures à
transformer en chanson aboutie ce qui n’était qu’une esquisse d’idée musicale.
Beck n’a pas perdu de vue l’idée d’enregistrer un titre inédit de Stevie. Pendant
quelques heures, les musiciens écoutent certaines des bandes qui occupent une
bonne partie du studio, mais Stevie souhaite garder pour lui le morceau qui suscite particulièrement l’intérêt de Beck, « Maybe Your Baby ». Cela
n’empêche pas les musiciens d’improviser ensemble pendant des heures. C’est
une partie de batterie jouée à l’improviste par Jeff Beck – qui n’est pas batteur –
qui débloque la situation. Stevie s’empare de cette rythmique et construit autour
un riff irrésistible, prémice d’une chanson intitulée « Superstition ». La qualité
du résultat n’échappe pas à Beck, qui dira plus tard avoir eu l’impression que
Stevie lui donnait « le riff du siècle ».
Après réflexion, Stevie aussi est convaincu du potentiel du morceau. Quand il le fait écouter chez Motown, la réaction est unanime : il s’agit du titre qui peut devenir le 45 tours porteur du prochain album. Stevie décide donc de revenir sur
la promesse qu’il a faite à Jeff Beck. Celui-ci peut effectivement enregistrer la
chanson, mais Stevie ne peut lui en garantir l’exclusivité, puisqu’il compte l’enregistrer lui-même. La déception est forte chez Beck, d’autant qu’il a déjà
commencé à interpréter le morceau lors de ses propres concerts. Cela ne
l’empêche pas d’enregistrer le titre en décembre avec son nouveau groupe, un
trio formé avec le bassiste Tim Bogert et le batteur Carmine Appice, mais l’impact est fortement diminué par la sortie, deux mois plus tôt, de la version de
Stevie. L’épisode crée quelques tensions entre les deux hommes, qui seront bien
vite oubliées. Dès le mois d’octobre 1974, Jeff Beck enregistre deux titres de Stevie, dont l’inédit « Thelonious » composé spécifiquement à son intention et
sur lequel Stevie est présent au Clavinet (bien qu’il ne soit pas crédité sur la pochette). Les deux artistes joueront finalement ensemble « Superstition » sur scène à l’occasion des festivités marquant les 25 ans du Rock and Roll Hall of
Fame en 2009.
Comme la fois précédente, une partie des séances se tiennent aux studios
Electric Lady de New York. À l’occasion d’une de ces sessions, Stevie s’invite à
l’harmonica sur la reprise que fait le chanteur de variétés B.J. Thomas de
« Happier Than The Morning Sun », un des morceaux de Music Of My Mind. Le
travail se poursuit aussi à Los Angeles, où Berry Gordy a fait déménager Motown en début d’année. Utilisés lors des séances précédentes, les studios de
Crystal Industries ne sont plus disponibles, Joni Mitchell s’y étant installée.
Stevie, Malcolm et Cecil trouvent un accord avec le patron des studios Record
Plant, Gary Kellgren. En échange de l’achat à l’avance par Stevie d’un certain
nombre d’heures de studio, Kellgren s’engage à leur construire un lieu conforme
à leurs besoins. Alors que les quatre hommes trinquent à leur accord dans la maison de Kellgren, un tremblement de terre secoue la pièce. Bob y verra plus
tard un symbole du travail révolutionnaire qu’ils vont engager.
Installés au Hallmark House Motor Hotel, un motel à un seul étage de Sunset
Boulevard, à dix minutes à pied du studio, Stevie, Bob et Malcolm ont chacun
leurs synthétiseurs dans leur chambre. Mais leurs équipements sont connectés entre eux, et chacun peut jouer de l’ensemble des instruments. La musique qui
s’invente ici s’entend jusque dans la piscine située au milieu du carré que forme
le bâtiment.
Les sessions au Record Plant sont décontractées. Le lieu a été ouvert en 1969
par l’ingénieur du son Gary Kellgren, un collaborateur régulier du Velvet Underground, de Frank Zappa, de Jimi Hendrix et du businessman Chris Stone,
déjà responsable de la création, l’année précédente, d’un studio du même nom à
New York. Leur objectif est de créer un lieu qui combine un haut niveau de technologie et une ambiance agréable et propice à la convivialité. Équipé dès 1970 d’une console vingt-quatre pistes, alors une véritable rareté, le studio est
aussi un lieu de vie avec des chambres, des salons, et même un jacuzzi. Le succès est immédiat. Dans les premières années de fonctionnement, Frank
Zappa, Stephen Stills, B.
Download
This site does not store any files on its server. We only index and link to content provided by other sites. Please contact the content providers to delete copyright contents if any and email us, we'll remove relevant links or contents immediately.
Personalized inhaled bacteriophage therapy for treatment of multidrug-resistant Pseudomonas aeruginosa in cystic fibrosis by unknow(181653)
CONSORT 2025 statement: updated guideline for reporting randomized trials by unknow(90073)
Critical evaluation of the ProfiLER-02 study design and outcomes by Vivek Subbiah & Razelle Kurzrock(89680)
Cardiac gene therapy makes a comeback by Oliver J. Müller & Susanne Hille & Anca Kliesow Remes(89450)
Whisky: Malt Whiskies of Scotland (Collins Little Books) by dominic roskrow(74452)
Unveiling the design rules for tunable emission in graphene quantum dots: A high-throughput TDDFT and machine learning perspective by Şener Özönder & Mustafa Coşkun Özdemir & Caner Ünlü(50905)
A yeast-based oral therapeutic delivers immune checkpoint inhibitors to reduce intestinal tumor burden by unknow(40276)
Covalent hitchhikers guide proteins to the nucleus by Alexander F. Russell & Madeline F. Currie & Champak Chatterjee(40220)
Meet the Authors: Christopher R. Mansfield and Emily R. Derbyshire by Christopher R. Mansfield & Emily R. Derbyshire(40104)
Alkaline-earth metals promote propane dehydrogenation with carbon dioxide through geometric effects: Altering the reaction pathway by unknow(32742)
Induced iron vacancies boosting FeOOH loaded on sustainable Fenton-like collagen fiber membrane for efficient removal of emerging contaminants by unknow(32522)
Efficient electric-field-assisted photochemical conversion of methane to n-propanol exclusively over penetrated TiO2Ti hollow fibers by Guanghui Feng(32460)
Bi2SiO5 nanosheets as piezo-photocatalyst for efficient degradation of 2,4-Dichlorophenol by Hangyu Shi & Yifu Li & Lishan Zhang & Guoguan Liu & Qian Zhang & Xuan Ru & Shan Zhong(32400)
A novel NDIPTA organic heterojunction photocatalyst with built-in electric field for efficient hydrogen production by Jiahui Yang & Baojun Ma & Yongfa Zhu(32372)
Enhanced conversion of methane to liquid-phase oxygenates via hollow ferrite nanotube@horseradish peroxidase based photoenzymatic catalysis by Jun Duan & Shiying Fan & Xinyong Li & Shaomin Liu(32339)
Ordered macroporous superstructure of defective carbon adorned with tiny cobalt sulfide for selective electrocatalytic hydrogenation of cinnamaldehyde by Xiao-Shi Yuan & Sheng-Hua Zhou & San-Mei Wang & Wenbo Wei & Xiaofang Li & Xin-Tao Wu & Qi-Long Zhu(32263)
What's Done in Darkness by Kayla Perrin(27155)
Topological analysis of non-conjugated ethylene oxide cored dendrimers decorated with tetraphenylethylene: Insights from degree-based descriptors using the polynomial approach by A Theertha Nair & D Antony Xavier & Annmaria Baby & S Akhila(26543)
Investigation of mechanical and self-healing properties of hydroxyl-terminated polybutadiene functionalized with 2-ureido-4-pyrimidinone by Mohsen Kazazi & Mehran Hayaty & Ali Mousaviazar(26469)